Apaiser les cœurs dans la sunna prophétique
Allah a créé l’homme d’un corps et d’une âme. Il l’a honoré par toutes ses composantes. Et tout comme Allah a honoré le corps de l’homme, Il a également enjoint à respecter ses sentiments et son émotivité. Et tout comme il est interdit de porter physiquement atteinte à un homme, il est également interdit de porter atteinte à sa partie intangible représentée par son âme et ses émotions. C’est pourquoi la Sunna prophétique nous permet de nous pencher sur un certain nombre d’épisodes au cours desquels les sentiments et les émotions des hommes sont hautement considérés. En effet, le Prophète (
Le premier épisode :
Dans le recueil de Boukhari, selon Al-Barâ ibn ‘Âzib, qu’Allah l’agrée : « Alors que le Messager d’Allah (
Dans son ouvrage Ihkâm Al-Ahkâm, Ibn Daqîq Al-‘Îd a dit : Les propos que le Prophète (
Observe cette attitude éminente qui, en confiant la garde de cette fille à sa tante maternelle, n’en a pas moins ménagé les cœurs de ces hommes en quelques mots qui leur furent plus chers que s’il leur avait donné ce qu’ils réclamaient initialement. Quel bonheur ces mots ont-ils pu leur procurer en les consolant. Des paroles agréables sont parfois plus chères que d’obtenir gain de cause ou prendre possession d’un élément matériel, quel qu’en soit le prix. Ces médailles qu’il a accrochées à leurs cous sont inestimables.
Le deuxième épisode :
Dans le recueil de Boukhari, selon Abou Horayra, le Prophète () a dit : « Les biens que je décide de vous donner ou de vous priver ne sont pas de ma décision, mais celle d’Allah. Je ne fais que les distribuer comme Il me l’a ordonné. »
Dans son Sharh Mouslim, Al-Nawawi reproduit les propos du cadi ‘Iyâd : « Le sens de son propos est qu’il n’accapare pas les biens du butin sans leur en donner. Il a dit cela pour apaiser leurs cœurs après avoir donné plus de butin à certains qu’à d’autres. Ceci en expliquant que c’est Allah qui le leur donne et que lui ne fait que les distribuer. Ainsi, celui qui en reçoit une part n’a fait que recevoir celle qui lui a été attribuée, qu’elle soit grande ou petite.
Le troisième épisode :
Dans le recueil de Mouslim, Aisha rapporte : « Une nuit, le Prophète (
Dans son Sharh Mouslim, Al-Nawawi a dit : Ce hadith nous apprend que l’imam ou le chef d’un groupe, s’il lui arrive de faire ce à quoi ses adeptes ne s’attendaient pas, et qu’il a une excuse pour avoir agi ainsi, alors il doit la leur dire pour ménager leurs sentiments et les concilier de façon à ce qu’ils n’aient pas une mauvaise opinion à son sujet. Et Allah sait mieux.
Le quatrième épisode :
Dans le recueil de Mouslim, selon Qatâda : Nous sommes sortis avec le Prophète (
Et dans la version de Ibn Abbâs, As-Sa’b ibn Jouthâma al-Laythy, qu’Allah l’agrée, rapporte avoir offert un onagre au Messager d’Allah alors qu’il se trouvait à al Abwâ ou à Waddân (deux endroits entre la Mecque et Médine), mais il le refusa. Lorsque le Prophète vit la tristesse sur son visage, il dit : « Nous ne l’acceptons pas de toi uniquement parce que nous sommes en état de sacralisation. »
Dans son Sharh Mouslim, Al-Nawawi a dit : ce hadith nous apprend qu’il est recommandé à toute personne qui refuse un cadeau de lui expliquer la raison de son refus et de s’en excuser pour apaiser son cœur.
Dans son Sharh Al-Boukhari, Ibn Battâl a dit : ce hadith nous apprend qu’il convient de s’excuser auprès d’un ami et d’éradiquer tout ce qu’on peut craindre comme ressentiment ou animosité ou autre mauvaise opinion.
Le cinquième épisode :
Dans le recueil de Mouslim, selon Jâbir : Aisha entama une Omra jusqu’à être à Sarf où elle eut ses règles. Le Prophète () lui indiqua alors de se préparer plutôt pour les rites du Hajj et qu’une fois son état de pureté rituelle retrouvé, elle pourrait tourner autour de la Ka’ba et faire les allers-retours entre les monts Safa et Marwa. Une fois cela fait, il lui demanda si elle avait bien achevé ses rites en disant : Tu as fini les rites du Hajj et de la Omra. » Mais elle de répondre : « Messager d’Allah, j’ai l’impression de ne pas avoir tourné autour de la Ka’ba avant les rites du Hajj. » Il lui fit refaire une Omra à partir du lieudit Al-Tan’îm.
Dans son ouvrage Fath Al-Bârî, Ibn Hajar a dit : Il lui a fait faire une Omra à partir du Tan’îm pour lui donner du baume au cœur parce qu’elle n’avait pas tourné autour de la Ka’ba en arrivant pour une Omra.
Le sixième épisode :
Dans le recueil de Boukhari, selon Aisha : nous sommes partis en ayant l’objectif d’accomplir le Hajj. Le Prophète (
Dans certaines versions de ce hadith, il est explicitement énoncé que cela a pesé pour des compagnons. Dans le Musnad de Shâfi’i, selon Jâbir : Nous avons prononcé à voix haute notre entrée en pèlerinage et une fois arrivés à la Mecque, il nous a ordonné de sortir de notre état de sacralisation et d’annoncer que nous entrions en Omra. Cela nous a pesé énormément et nous en ressentions de la gêne. Le Prophète (
Dans une autre version, dans le Musnad : « Faites ce que je vous ordonne. Si je n’avais pas amené avec moi des offrandes, j’aurais fait ce que je viens de vous ordonner. »
Dans son livre Omdat Al-Qârî, Al-‘Aynî a dit : il a dit cela pour apaiser les cœurs de ses compagnons parce qu’ils n’aspiraient pas à interrompre leur Hajj.
Dans son Sharh Mouslim, Al-Nawawi a dit : c’est un des hadiths sur lequel s’appuient ceux qui soutiennent que le Hajj selon le rite nommé Tamattu’ a plus de mérite que les autres.
Les compagnons ne pouvaient que s’exécuter, mais le Prophète (
Le septième épisode :
Dans le recueil de Mouslim, Aisha rapporte : « Le Prophète (
Dans son ouvrage Fath Al-Bârî, Ibn Rajab a dit : Il l’a rendu à Abu Jahm parce que c’est lui qui lui avait offerte. Il lui a donc rendu et lui a demandé en échange un autre de ses vêtements qui était plus épais pour le ménager et apaiser son cœur de façon à ce qu’il ne soit pas blessé en constatant qu’il lui rendait son cadeau. C’est aussi pour cela qu’il lui expliqua la raison pour laquelle il le lui rendait.
Le huitième épisode :
Dans les recueils de Boukhari et Mouslim, selon Abd Al-Rahmân ibn ‘Awf : Alors que je me tenais debout, dans les rangs, le jour de la bataille de Badr, je regardais à droite et à gauche. Je me trouvais entre deux garçons des Ansars encore bien jeunes. J’avais espéré me retrouver entre deux hommes plus costauds qu’eux. L’un d’eux me fit un signe et me dit : ‘’ ô mon oncle, tu connais Abu Jahl ?’’ Je lui dis : ‘’Oui, et pourquoi tu veux le savoir mon neveu ?’’ Il s’expliqua : ‘’ J’ai entendu qu’il a insulté le Messager d’Allah (
Dans son Sharh Mouslim, Al-Nawawi a dit : Les savants ont divergé au sujet du sens de ce hadith. Les tenants de notre école ont dit : Les deux compagnons l’ont blessé, mais c’est Mu’âdh ibn ’Amr ibn Al-Jamûh qui l’a effectivement tué en premier, raison pour laquelle c’est lui qui méritait de prendre les effets du défunt. Aussi, en affirmant que tous les deux l’avaient tué, le Prophète (
Celui qui lit minutieusement la sunna prophétique pourra collecter des épisodes bien plus nombreux que ceux qui viennent d’être cités. Et ceci atteste que le Prophète (


