mercredi, février 4

La femme bénéficie d’une attention particulière dans la société musulmane, en raison de sa nature et de sa place au sein de la famille. C’est pourquoi des mesures préventives ont été instaurées afin de la protéger et de préserver sa dignité. La Sunna prophétique renferme de nombreuses directives allant dans ce sens. Voici un ensemble de hadiths qui illustrent clairement le soin et la protection que la Sunna accorde à la femme.

1. Interdiction de poser le regard sur elle sans nécessité, pour la préserver de la tentation et de toute atteinte à sa pudeur. Les deux Sahîh rapportent d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî que le Prophète() a dit :

« Méfiez-vous de vous asseoir dans les chemins. »
Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, nous n’avons d’autre choix, ce sont nos lieux de rencontre où nous discutons. »
Il répondit : « Si vous insistez pour y rester, alors donnez au chemin son droit. »
Ils dirent : « Et quel est son droit ? »
Il dit : « Baisser le regard, ne pas nuire, rendre le salut, ordonner le bien et interdire le mal. »

Toujours dans les deux Sahîh, Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète () était en route lors de son pèlerinage d’adieu, avec al-Fadl ibn ‘Abbâs en croupe derrière lui. Une femme de la tribu de Khath‘am s’approcha pour poser une question. Al-Fadl se mit à la regarder et elle le regardait également. Le Prophète () détourna alors le visage d’al-Fadl vers l’autre côté. Elle dit :

« Ô Messager d’Allah, l’obligation du pèlerinage est tombée sur mon père alors qu’il est vieux et incapable de se tenir sur une monture. Puis-je accomplir le pèlerinage à sa place ? »
Il répondit : « Oui. »

2. L’obligation du mahram (homme proche et interdit au mariage) pour ses déplacements n’est pas une forme de méfiance ou de domination, mais une mesure de protection. La preuve en est qu’en l’absence d’un mahram, elle est dispensée du pèlerinage obligatoire.
Les deux Sahîh rapportent d’après Ibn ‘Abbâs que le Prophète () a dit :

« Qu’aucun homme ne reste seul avec une femme sans qu’elle ne soit accompagnée d’un mahram, et qu’aucune femme ne voyage sans mahram. »
Un homme se leva et dit :
« Ô Messager d’Allah, ma femme est partie faire le pèlerinage et moi je me suis engagé dans telle ou telle expédition. »
Il répondit : « Va faire le pèlerinage avec ta femme. »

3. La protection de son droit au mariage librement consenti, en empêchant le tuteur (walî) d’en abuser. Si elle est vierge, son autorisation est requise ; si elle est déjà mariée, son ordre est nécessaire.
Les deux Sahîh rapportent d’après Abû Hurayra que le Prophète () a dit :

« On ne marie pas une femme déjà mariée sans qu’elle ne soit consultée, ni une vierge sans son autorisation. »
Ils demandèrent :
« Et quelle est son autorisation ? »
Il dit : « Son silence. »

Dans les Sunan, ‘Abd Allah ibn Burayda rapporte qu’une jeune fille vint se plaindre à ‘Â’isha en disant :

« Mon père m’a mariée à son neveu pour élever son statut social, et je déteste cela. »
‘Â’isha lui dit : « Reste ici jusqu’à ce que le Prophète () vienne. »
Quand il arriva, elle lui exposa l’affaire. Le Prophète () fit venir le père, puis la laissa décider.
Quand elle comprit que la décision lui appartenait, elle dit :
« J’accepte ce que mon père a fait, je voulais seulement savoir si les femmes avaient leur mot à dire. »

4. La protection de son droit à la garde des enfants afin qu’on ne le lui arrache pas injustement, considérant l’instinct maternel de tendresse et de compassion.
L’imâm Ahmad rapporte qu’une femme dit au Prophète () :

« Ô Messager d’Allah, mon ventre a porté cet enfant, ma poitrine l’a allaité, mon giron l’a protégé, et voilà que son père veut me l’enlever après m’avoir répudiée. »

Le Prophète () lui dit : « Tu es la plus digne de le garder tant que tu ne te remaries pas. »

‘Abd al-Razzâq rapporte qu’Ibn ‘Abbâs dit :
‘Umar ibn al-Khattâb divorça de sa femme al-Ansâriyyah, mère de son fils ‘Âsim. Il la trouva un jour portant l’enfant et tenta de le lui prendre, au point de le faire pleurer. Ils allèrent alors voir Abû Bakr, qui jugea en faveur de la mère et dit à ‘Umar :

« Son odeur, sa chaleur et son lit sont meilleurs pour lui que toi, jusqu’à ce qu’il grandisse et puisse choisir. »

5. La protection contre les abus du mari, en interdisant toute forme de maltraitance, même si l’homme reste le chef de la famille.
Dans les Sunan d’Abû Dâwûd, Mu‘âwiyah ibn Hayda dit :

« Ô Prophète d’Allah, que devons-nous à nos femmes ? »
Il répondit :

« Qu’elles soient ton champ, viens-y comme tu veux, sauf que tu ne dois pas frapper le visage, ni insulter, ni les délaisser sauf dans la maison. Nourris-les quand tu manges, habille-les quand tu t’habilles. Comment peux-tu lui faire du mal alors que vous avez partagé l’intimité permise par Allah ? »

Dans le Sahîh Mouslim, lorsque la femme ghamidiyyah fut lapidée pour adultère, Khâlid ibn al-Walîd l’insulta. Le Prophète () dit alors :

« Doucement, ô Khâlid ! Par Celui qui détient mon âme, elle a certes accompli un repentir tel que s’il avait été accompli par un percepteur d’impôts injustes, cela lui aurait été pardonné. »

Puis il ordonna qu’on prie sur elle, et elle fut enterrée.

6. La protection contre la mentalité préislamique qui méprisait la fille, la considérait comme inférieure et la préférait moins au garçon. L’islam a aboli ces traditions.

L’imâm Ahmad rapporte qu’Ibn ‘Abbâs dit que le Prophète () a dit :

« Celui à qui naît une fille, qui ne l’enterre pas vivante, ne la méprise pas, et ne préfère pas son garçon à elle, Allah l’introduira au Paradis grâce à elle. »

L’islam est même allé jusqu’à prescrire l’équité dans l’affection entre les enfants.
Dans Shu‘ab al-îmân, al-Bayhaqî rapporte qu’Anas vit un homme embrasser son fils et le faire asseoir sur ses genoux, puis accueillir sa fille en la mettant à côté de lui. Le Prophète () dit :

« Tu n’as pas été équitable envers eux. »

7. La protection contre les soupçons injustes et la mauvaise opinion, en évitant de rentrer chez soi la nuit après une longue absence, de peur de surprendre son épouse ou de chercher ses fautes.
Al-Boukhari a intitulé un chapitre :

« Ne rentre pas chez toi la nuit après une longue absence, de peur de surprendre ou soupçonner. »

Et il rapporte qu’Anas dit : « Le Prophète () ne rentrait jamais chez lui la nuit, mais venait plutôt au matin ou en fin d’après-midi. »

Jâbir rapporte que le Prophète () a interdit de surprendre son épouse en rentrant la nuit.

8. La protection contre l’ignorance, en lui permettant l’accès à la connaissance et en interdisant qu’on l’empêche de fréquenter les mosquées.
Dans les deux Sahîh, Ibn ‘Umar rapporte que le Prophète () a dit :

« N’empêchez pas les servantes d’Allah d’accéder aux mosquées d’Allah. »

Les femmes assistaient donc aux prières en commun, aux fêtes religieuses, écoutaient les sermons, mémorisaient les enseignements, et transmettaient la science prophétique. Certaines devinrent de grandes savantes, et le Prophète () leur réservait un enseignement particulier pour qu’elles ne restent pas dans l’ignorance de leur religion et de leur rôle dans la société.

Conclusion :
Un examen sincère de ces principes prophétiques révèle que la femme bénéficie, dans l’Islam, d’une protection exceptionnelle, sans équivalent dans aucune autre civilisation de l’histoire. À une époque où la femme est souvent exploitée et réduite à un objet de consommation, l’islam lui garantit une véritable dignité, une protection réelle et un statut honoré.

Share.

Comments are closed.

Exit mobile version
Almaktoum-Tv

GRATUIT
VOIR