Prendre en charge la veuve et l’orphelin
Prendre en charge la veuve et l’orphelin ainsi que les pauvres est un des actes de piété les plus importants pour lequel le Paradis est promis. C’est un des actes qui mène son auteur au Paradis et il est même à la tête de ces actes.
Selon Sahl ibn Sa’d (qu’Allah soit satisfait de lui) le Messager d’Allah (
Rapporté par Boukhari. Et dans une version : « Puis il joignit l’index au majeur en laissant un petit espace entre eux. »
Il entend par là que son rang sera proche du sien. L’imam Malik, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Ce hadith nous apprend qu’il y a un grand mérite à prendre en charge un orphelin. Qui le joint à la table de ses enfants et dépense de son argent pour lui obtiendra ce mérite. Il est d’ailleurs suffisant d’obtenir le mérite de se trouver proche du rang du Prophète (
Dans le Muwatta de l’imam Malik est mentionné un hadith rapporté par Safwân ibn Sulaym qui relate que le Prophète (
Selon Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) le Messager d’Allah (
Le fidèle qui prend en charge un orphelin, c’est-à-dire de son éducation, de ses intérêts, est bienveillant avec lui, de son apparence, quand bien même il le ferait avec l’argent hérité par cet orphelin, un tel fidèle sera avec le Messager d’Allah (
Il est tout à fait approprié que le fidèle qui prend en charge un orphelin soit affilié au rang du Messager d’Allah (
Ibn Battâl a dit : « Tout croyant qui entend ce hadith devrait avoir envie de le mettre en pratique pour être en compagnie du Prophète (
Al-Tîbî a dit : « Il a spécifiquement mentionné l’orphelin et le pauvre pour faire allusion à ce verset :
« Nourrir, malgré la faim, un proche parent orphelin ou un pauvre dans le besoin, » (Coran 90/14-16).
Les prendre en charge revient à s’engager dans une voie difficile (comme cela est cité dans les versets précédents) puisque cela nécessite d’endurer les difficultés qui y sont liés et combattre son âme.
Quiconque s’engage dans cette voie difficile son cœur s’attendrira et son âme lui permettra de faire tout ce qui est bien. Ce hadith nous apprend également que le fidèle qui est éprouvé par un caractère blâmable peut y remédier en mettant en pratique un acte qui lui permettra d’acquérir la qualité opposée. L’orgueil se soigne en étant humble, l’avarice par la tolérance, la dureté du cœur par la compassion et la tendresse.
Ce qui est voulu quand il dit de passer sa main sur la tête de l’orphelin est soit avec une crème, soit en le peignant ou que ce soit au sens figuré c’est-à-dire être affectueux et tendre pour compenser le vide affectif dû à l’absence de ses parents. Ce qui appuie la première explication c’est-à-dire passer effectivement sa main sur la tête de l’orphelin est le hadith de Abou Umâma – qu’Allah soit satisfait de lui – qui rapporte que le Prophète (
Avec ce que nous pouvons déduire du sens premier du hadith c’est-à-dire de passer effectivement la main sur la tête d’un orphelin, il est possible que le sens voulu par le Législateur soit plus large. Al-Tîbî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Cette expression est à prendre au sens figuré, c’est une image pour indiquer la compassion et la tendresse qu’on doit avoir envers l’orphelin. Et puisque le sens figuré ne s’oppose pas au sens propre il est possible de concilier les deux sens comme il nous arrive de le dire dans certaines expressions arabes qui peuvent avoir deux sens.
Un des moyens d’entrer au Paradis et d’obtenir des hauts degrés est de s’occuper de l’éducation et de la prise en charge de trois filles ou trois sœurs. Alors réjouis-toi ô toi qui qui est le père de plusieurs filles.
Selon Anas ibn Mâlik (qu’Allah soit satisfait de lui), le Messager d’Allah (
Selon Anas (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète (
Dans le Sunan de Abû Dâwûd selon Abou Said Al-Khoudri, le Prophète (
Et dans une version : « Quiconque a trois filles ou trois sœurs, deux filles ou deux sœurs, craint Allah les concernant et se montre bienfaisant envers elles entrera inéluctablement au Paradis. »
Al-Munâwî a dit dans son livre Fayd Al-Qadîr en expliquant ce hadith : « C’est-à-dire qu’il s’est occupé d’elles et peut prétendre avoir dépensé pour elles, les avoir vêtues et autre. Qui les a élevées c’est-à-dire selon les règles de la religion en leur donnant l’instruction requise. Qui les a mariées c’est-à-dire avec des hommes qui leur correspondent lorsqu’elles ont eu besoin de se marier. Qui a été bienfaisant envers elles c’est-à-dire après leur mariage en entretenant les liens qui les unissent et en leur rendant visite. Il aura le Paradis c’est-à-dire avec ceux qui y entreront parmi les premiers. Ibn Abbâs a dit : Cela fait partie des merveilles de ce hadith.
Al-Zayn Al-‘Irâqî a dit : « Ce hadith confirme que le droit des filles est prioritaire à celui des garçons en raison de leur incapacité à faire ce qui relève de leur intérêt, à gagner leur vie et à gérer leurs affaires en plus de leur discernement.
Dans le Sunan de Abû Dâwûd selon Ibn Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète (
Dans son Musnad, Ahmad rapporte que Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : le Messager d’Allah (
Alors réjouis-toi, toi à qui Allah a fait don de plusieurs filles. Et qu’aucun d’entre vous ne manifeste un mécontentement ou de la contrariété parce qu’il a eu des filles. Au contraire, il doit les honorer et s’occuper d’elles de la meilleure manière puisque c’est un bien qui lui a été accordé alors qu’il ne se prive pas d’agir comme il convient.
C’est également un message adressé aux mères puisqu’elles sont généralement plus proches des filles, plus affectueuses et plus clémentes. Que les mères se réjouissent également de ce grand bien qui leur est promis, le Paradis : « Quiconque sera écarté de l’Enfer et admis au Paradis aura gagné son salut. » (Coran3/185).
Dans le hadith rapporté par ‘Awf ibn Malik Al-Asma’î mentionné dans le recueil de Abû Dâwûd: le Prophète (
« Une femme qui se retrouve seule, sans son mari, qui est d’un certain rang et belle, et qui se prive de se remarier pour s’occuper de ses enfants jusqu’à ce qu’ils soient indépendants ou meurent. »
Al-Mârizî explique : « Il s’agit d’une femme qui se retrouve seule suite à un divorce ou le décès de son mari. D’une femme qui bénéficie d’un certain rang et d’un statut au sein de la société. Une femme belle qui a une bonne réputation. On entend par là qu’elle aura une grande récompense pour s’être abstenu de se remarier mais cela ne signifie pas qu’une femme qui n’est pas d’un rang considéré ou belle n’a pas de récompense pour la même action. C’est-à-dire s’abstenir de se remarier pour se consacrer à l’éducation de ses enfants jusqu’à ce qu’ils grandissent et qu’ils deviennent indépendants, atteignent l’âge d’être suffisamment fort et raisonnable pour s’assumer. Ou alors, jusqu’à ce qu’ils meurent. C’est cette femme qui aura droit à cette récompense.
D’après Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) le Prophète (
C’est une immense récompense et un grand bien. Nous demandons à Allah de nous permettre de le mettre en pratique et de ne pas nous inscrire parmi ceux qui en sont privés.


