En arabe, al-Isstissqâ’ signifie la requête pour l’abreuvement. En terminologie religieuse, elle désigne la demande adressée à Allah, le Tout-Puissant, afin d’obtenir de l’eau en cas de besoin, que ce soit en raison de l’interruption ou de la rareté des pluies. L’âme humaine saine est naturellement portée à solliciter secours et assistance auprès d’Allah, en temps de détresse et de nécessité. Allah, le Très-Haut, dit: « N’est-ce pas Lui qui répond à l’angoissé quand il L’invoque, et qui enlève le mal, et qui vous fait succéder sur la terre, génération après génération, -Y a-t-il donc une divinité avec Allah? C’est rare que vous vous rappeliez ! » (Coran 27/62). Il dit également : « Que vous en semble ? Si votre eau était absorbée au plus profond de la terre, qui donc vous apporterait de l’eau de source ? » (Coran 67/30). Ibn Kathîr commente : « Cela signifie une eau qui jaillit et s’écoule à la surface de la terre, ce que seul Allah, exalté soit-Il, est capable de faire. Par Sa grâce et Sa générosité, Il a fait jaillir pour vous les eaux et les a réparties dans les diverses régions de la terre, selon les besoins des serviteurs en termes de rareté ou d’abondance, à Allah reviennent la louange et la gratitude ».
Parmi les situations où les serviteurs se tournent vers Allah, le Tout-Puissant, en quête de secours : la survenue de la sécheresse, l’aridité des terres, l’arrêt et l’absence prolongée de pluie. Notre Prophète,
La biographie prophétique contient de nombreux récits où le Prophète,
Au mois de Ramadan de la sixième année de l’hégire, les gens ont souffert d’une sécheresse extrême. Le Prophète,
La prière de l’Isstissqâʼ (prière pour la pluie) est une sunna confirmée, lorsqu’il y a un besoin de pluie. Elle est accomplie de la même manière que la prière de l’Aïd, comme rapporté par Abou Dâwoud, Ahmad et d’autres (al-Albâni l’a jugé Hassan), d’après ‘Abd-Allah Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Prophète, , sortit humblement, vêtu simplement, montrant de la dévotion (pas en se parant ni en portant ses meilleurs vêtements, mais dans une attitude humble, manifestant de la piété), marchant lentement et suppliant (s’abaissant et appelant Allah avec insistance dans ses prières), puis il pria deux Rakʻahs (unités) comme il prie lors de l’Aïd».
« Comme il prie lors de l’Aïd », cela signifie selon la forme de la prière de l’Aïd, en termes de nombre de Rakʻahs et de récitation audible. Il est recommandé à l’imam d’augmenter les demandes de pardon et d’implorer Allah avec des prières, en levant les mains en signe de supplication. Il est aussi recommandé qu’il retourne son manteau, comme le faisait le Prophète,
Dans Charh Sunan Abou Dâwoud d’al-‘Ayni: « Nous avons mentionné que la sagesse du changement (de vêtement) est l’espoir de l’amélioration des circonstances, et cela est explicitement mentionné dans al–Mustadrak d’al-Hâkim d’après le hadith de Jâbir, qui est jugé Sahîh: ‘‘Il a retourné son manteau afin que la sécheresse se transforme en pluie’’. Dans Charh Michkât al-Masâbîh d’al-Mubârakfȗri: ‘‘Al-Tabarâni rapporte d’après le hadith d’Anas, dans lequel il est dit: ‘‘Il a retourné son manteau pour que la sécheresse se transforme en fertilité’’. J’ai dit : ‘‘Le fait que le retournement soit pour l’espoir (de changement) ne contredit pas le fait qu’il soit recommandé lors de la prière pour la pluie dans le désert. La sunna de notre Prophète, , est plus digne d’être suivie’’ ».
Il n’y a pas de moment précis pour la prière de l‘Isstissqâ’, comme l’a dit Ibn Qudâmah : « Il n’y a pas de moment spécifique pour la prière de l’Isstissqâ’, sauf qu’elle ne doit pas être faite pendant les moments où il déconseiller de prier, sans désaccord, car son temps est vaste. Après la prière, l’imam se lève pour prêcher, en incluant dans son sermon des conseils et des instructions pour les gens, ainsi que la demande au Créateur, exalté soit-Il, de faire descendre la pluie ». Al-Nawawi a dit : « Elle n’est pas limitée à un moment, mais elle peut être accomplie et est valide à tout moment, de jour comme de nuit, sauf pendant les moments où il est déconseillé de prier selon l’une des deux opinions. C’est l’avis exprimé par al-Châfiʻi, et c’est ce qu’ont adopté la majorité des savants et les plus qualifiés ».
Ibn al-Qayyim dans son ouvrage Zâd al-Ma‘âd: « (Chapitre sur la prière du Prophète, , pour la pluie): Il est rapporté de lui qu’il pria pour la pluie de plusieurs manières. La première : un vendredi, sur le minbar, pendant le sermon. La deuxième : il promit aux gens un jour où ils se rendraient à la prière de la pluie, et il sortit lorsque le soleil se leva, humble, simple, repentant, suppliant et implorant. Lorsqu’il arriva au lieu de prière, il monta sur le minbar, loua Allah, Le glorifia, et dit : ‘‘Louange à Allah, Seigneur de l’univers, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, le Maître du Jour de la Rétribution, il n’y a de divinité que Lui, Il fait ce qu’Il veut. Ô Allah, Tu es Allah, il n’y a de divinité que Toi, Tu es le Riche et nous sommes les pauvres ! Fais descendre sur nous la pluie, et fais en sorte que ce que Tu as fait tomber nous soit une force et un moyen de subsistance jusqu’à ce qu’il atteigne son terme’’. Puis, il leva les mains, se mit à implorer, supplier et prier, levant les mains jusqu’à ce que la blancheur de ses aisselles devienne visible. Ensuite, il tourna le dos aux gens, se dirigea vers la Qiblah et changea la position de son manteau, en mettant la partie droite sur la gauche et vice versa. Il continua à prier en direction de la Qiblah, et les gens firent de même. Ensuite, il descendit et pria deux Rakʻahs comme à la fête sans appel à la prière. La troisième : il implora Allah sur le minbar de Médine de faire descendre la pluie sur eux, un autre jour que le vendredi, et il n’est pas rapporté qu’il ait prié avec les gens à ce moment-là. La quatrième : il pria Allah de faire descendre la pluie en étant assis dans la mosquée, levant les mains et invoquant Allah. La cinquième : il pria Allah de faire descendre la pluie près des pierres d’huile, non loin de la zone de Zawrâ’, en sortant par la porte de la mosquée appelée aujourd’hui Bâb al-Salâm (la porte de la paix). La sixième : il pria Allah de faire descendre la pluie lors de l’une de ses expéditions militaires, après que les polythéistes eurent atteint l’eau en premier, et que les musulmans eurent soif. Ils se plaignirent au Prophète, , et certains hypocrites dirent : ‘‘S’il était vraiment un prophète, il prierait pour son peuple comme Moussa (Moïse) a prié pour le sien’’. Quand il en eut connaissance, il dit : ‘‘Ont-ils vraiment dit cela ? Que votre Seigneur vous donne à boire’’. Puis il leva les mains et pria, et ne les baissa pas avant qu’un nuage ne les couvre, et qu’il pleuve. Il fut secouru à chaque fois. Lorsque la pluie devint abondante, les gens lui demandèrent al-Isstishâ’ (le Du‘â’ d’al-Isstishâ’ est la prière que fait un musulman lors de l’abondance de la pluie et la crainte de ses conséquences). Il pria pour eux en disant : ‘‘Ô Allah ! (Fais qu’il pleuve) autour de nous et non sur nous ! Ô Allah ! (Fais qu’il pleuve) sur les collines, les coteaux, les montagnes, au creux des vallées et là où poussent les arbres’’ ».
Sagesse à retenir :
Les péchés et les fautes sont parmi les causes de la sécheresse et de la privation de pluie pour les gens, comme le rapporte ‘Abd-Allah Ibn ‘Amrou, (qu’Allah soit satisfait de lui). Il a dit : « Le Messager d’Allah, , s’est approché de nous et a dit : ‘‘Ô communauté des émigrants ! Cinq choses, si vous êtes éprouvés par elles, et je cherche refuge auprès d’Allah pour que vous ne les viviez pas : Jamais la turpitude (l’immoralité) ne se manifeste chez un peuple jusqu’à ce qu’ils la proclament ouvertement, sans qu’Allah ne leur envoie la peste ainsi que d’autres épidémies et maladies inconnues de leurs ancêtres ; jamais un peuple ne diminue la mesure et le poids (fraude commerciale) sans qu’ils ne soient éprouvés par la famine, les difficultés et l’injustice de leurs dirigeants ; jamais un peuple ne refuse de donner la zakat de ses biens, sans qu’Allah ne leur refuse la pluie, et s’il n’y avait pas les animaux, Il ne leur ferait pas pleuvoir ; jamais un peuple ne viole le pacte d’Allah et de Son Messager sans qu’Il ne donne pouvoir à un ennemi extérieur qui s’empare de certains de leurs biens et jamais leurs dirigeants ne jugent autrement que par le Livre d’Allah, sans qu’Allah ne fasse apparaître parmi eux des conflits internes.’’ » (Ibn Mâjah, al-Tabarâni et al-Albâni l’a jugé Sahîh).
Le Prophète Muhammad,
Ô communauté de Mouhammad ! Cinq choses, si vous êtes éprouvés par elles, et je cherche refuge auprès d’Allah pour que vous ne les rencontriez jamais :
1. Jamais la turpitude (l’immoralité) ne se manifeste chez un peuple jusqu’à ce qu’ils la proclament ouvertement, sans qu’Allah ne leur envoie des épidémies et des maladies inconnues de leurs ancêtres.
2. Jamais un peuple ne diminue la mesure et le poids (fraude commerciale) sans qu’ils ne soient éprouvés par la famine, les difficultés et l’injustice de leurs dirigeants.
3. Jamais un peuple ne retient la Zakat sans qu’Allah ne leur retire la pluie, et s’il n’y avait pas les animaux, Il ne leur ferait pas pleuvoir.
4. Jamais un peuple ne viole le pacte d’Allah et de Son Messager sans qu’Il ne donne pouvoir à un ennemi extérieur qui s’empare de certains de leurs biens.
5. Et jamais leurs dirigeants ne jugent autrement que par le Livre d’Allah, sans qu’Allah ne fasse apparaître parmi eux des conflits internes.


