Selon ‘Abdoullah ibn Bousr, un homme dit : « Messager d’Allah ! Les prescriptions de l’islam sont bien nombreuses pour moi. Enseigne-moi donc une œuvre à laquelle je puisse m’attacher. » Il répondit : « Que ta langue ne cesse jamais d’évoquer Allah. » Rapporté par Ahmad en ces termes.
Ce hadith a aussi été rapporté par Tirmidhi qui précise : « hadith gharib » et aussi par Abû Dâwûd, et Ibn Hibbân dans son Sahih. Tous l’ont rapporté de la version de ‘Amr ibn Qays Al-Kandi selon ‘Abdoullah ibn Bousr. Ibn Hibbân et d’autres savants l’ont rapporté d’après Mu’âdh ibn Jabal. Ce dernier a dit : « La dernière chose que j’ai dit au Prophète (
Nous avons déjà mentionné en plusieurs occurrences de nombreux bienfaits de l’évocation d’Allah. Et nous allons ici développer le mérite qu’il y a à L’évoquer constamment et abondamment. Allah a enjoint les croyants d’agir ainsi et a loué ceux qui le font. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Vous qui croyez ! Invoquez fréquemment Allah. » (Coran 33/41).
« Vous qui croyez ! Tenez ferme face à l’ennemi et invoquez Allah avec ferveur afin d’obtenir la victoire. » (Coran 8/45).
« A ceux et celles qui invoquent souvent Son nom, à tous ceux-là Allah réserve Son pardon et une immense récompense. » (Coran 33/35).
« A ceux qui, debout, assis ou allongés sur le côté, invoquent Allah. » (Coran 3/191).
Dans le recueil de Mouslim, selon Abou Horayra, le Prophète (
Ahmad l’a aussi rapporté mais dans des termes différents : « Les Mufarridûns nous ont précédés. » Les compagnons lui demandèrent, mais qui sont les Mufarridûns, et il dit : « Les hommes et les femmes qui ne cessent d’invoquer Allah et de se souvenir de Lui avec engouement. »
Tirmidhi en rapporte une autre version : Les compagnons demandèrent, mais qui sont les Mufarridûns, et il dit : « Les hommes et les femmes qui ne cessent d’invoquer Allah et de se souvenir de Lui avec engouement, ce qui les décharge de leurs fardeaux et ils se présenteront le jour de la résurrection légers. »
Moussa ibn Ubayda rapporte selon Abou Abdillah Al-Qarâdh, selon Mu’âdh ibn Jabal : « Alors que nous étions avec le Prophète (
Cette version nous permet de comprendre qui est visé par l’expression ‘’ ceux qui nous ont précédé ’’ dans ce hadith. En effet, étant donné que certains itinérants avaient pris les devants alors que d’autres étaient restés en retrait, le Prophète (
C’est exactement ce sens qu’ont les propos tenus par Omar ibn Al-Khattâb la nuit de ‘Arafa durant les rites du pèlerinage. Il a dit : ‘’Aujourd’hui, celui qui nous précède n’est pas celui qui nous précède avec sa monture mais celui qui obtient le pardon divin.’’
Et selon cette chaine de transmission, le Prophète (
Ahmad, Nasâ’î et Ibn Hibbân dans son Sahîh rapportent selon Abou Said Al-Khoudri, que le Prophète (
Dans les mêmes recueils et du même compagnon : « Evoquez abondamment Allah jusqu’à ce qu’on dise : il est fou. »
Dans Al-Hilya, Abou Nu’aim rapporte de Ibn Abbâs qui l’attribue directement au Prophète (
Ahmad et Ibn Hibbân dans son Sahîh rapportent selon Abou Said Al-Khoudri que le Prophète (
L’imam Ahmad rapporte un hadith de Sahl dans lequel le Prophète (
Nous avons ensuite mentionné la prière, la Zakât, le pèlerinage et l’aumône. Il nous répondait à chaque fois : « Ceux qui évoquent le plus Allah. » C’est alors qu’Abou Bakr s’exclama : « Ô Abou Hafs, ils se sont emparés de tout le bien. » Le Prophète (
Ibn Al-Mubârak et Ibn Abi Dunia l’ont également rapporté avec des chaines de transmissions qui s’interrompent au niveau des successeurs des compagnons avec un sens similaire.
Selon Mouslim, Aisha a dit : « Le Prophète (
Abû Al-Dardâ a dit : « Ceux qui n’ont de cesse d’évoquer Allah entreront au Paradis en rigolant. » On lui dit : « Un homme a affranchi cent esclaves. » Il dit : « Cela représente beaucoup de biens. Mais mieux que cela, se tenir aux principes de la foi le jour et la nuit et n’avoir de cesse d’évoquer Allah. »
Mu’âdh a dit : Je préfère évoquer Allah matin et soir plutôt que combattre sur le chemin d’Allah du matin au soir à dos de chevaux de pur-sang. »
Ibn Mas’ûd a dit au sujet du verset : « Craignez Allah comme Il le mérite » (Coran 3/102) : « Cela signifie qu’il faut Lui obéir et ne pas Lui désobéir. L’évoquer et ne pas L’oublier. Le remercier pour Ses bienfaits et ne pas les nier. » Cette citation a été rapporté par Al-Hâkim qui l’attribue directement au Prophète (
Zayd ibn Aslam a dit : « Moussa (
Al-Hasan a dit : « Les fidèles qu’Allah aime le plus sont ceux qui L’évoquent le plus dont les cœurs sont les plus pieux. »
Ahmad ibn Abi Al-Hawârî m’a rapporté que le Prophète (
Ibn Mas’ûd a dit : « Moussa a dit : Seigneur, quelles sont les œuvres qui Te sont le plus chères et que Tu souhaites que j’accomplisse ? » Il dit : « Tu M’évoques et ne M’oublie pas. »
Abou Ishaq ibn Maytham a dit : « On m’a rapporté que Moussa a dit : « Seigneur, quels sont les fidèles qui te sont le plus chers ? » Il dit : « Ceux qui M’évoquent le plus. »
Ka’b a dit : « Celui qui évoque beaucoup Allah s’est désavoué de l’hypocrisie. »
Mu’ammal rapporte de Hammâd ibn Salama selon Suhayl, Salih, son père, Abou Horayra qui l’attribue directement au Prophète (
Al-Rabi’ ibn Anas tient d’un compagnon : « Le signe de l’amour d’Allah est de L’évoquer souvent. Tu n’aimes pas une chose sans la mentionner souvent. »
Fath Al-Mawsilî a dit : « Celui qui aime Allah n’est pas distrait d’Allah le temps d’un clignement de l’œil. »
Dhû Al-Nûn a dit : « Celui qui occupe son cœur et sa langue à évoquer Allah, Allah jettera dans son cœur une lumière qui le conduira à aspirer à Lui. »
Ibrahim ibn Al-Junayd a dit : « On disait : le signe de l’amour d’Allah est de L’évoquer constamment par son cœur et sa langue. Il est rare qu’un homme aime évoquer Allah sans obtenir en retour l’amour d’Allah. »
Un prédécesseur a dit dans une de ses supplications : « Si certains ont désespéré en raison de leur oisiveté, ceux qui T’aiment n’ont pas désespéré de Te supplier et T’évoquer. »
Abou Ja’far Al-Mihwalî a dit : « Le fidèle serviteur d’Allah est celui dont le cœur n’est jamais exempt de la mention d’Allah et ne désespère pas d’être à Son service. »
Nous avons déjà mentionné la citation de Aisha dans laquelle elle rapporte que le Prophète (
Mas’ar a dit : « Les animaux de la mer étaient immobiles alors que Youssouf, bien qu’en prison, ne l’était pas. Il était constamment en train d’évoquer Allah. »
Abou Horayra avait un fil sur lequel il y avait mille nœuds. Il ne dormait pas avant de mentionner Allah par ce biais.
Khalid ibn Ma’dân glorifiait Allah 40000 fois par jour sans compter sa lecture du Coran. A sa mort, on le posa sur son lit pour le laver et il bougea son doigt en signe de glorification d’Allah. »
On dit à Ammâr ibn Hânî : « On ne voit jamais ta langue s’arrêter d’évoquer Allah. Combien de fois par jour tu Le glorifies ? » Il dit : « 100 000 fois, sauf si mes doigts se trompent. » Il voulait dire qu’il comptait avec ses doigts.
Abd Al-Aziz ibn Abi Ruwâd a dit : Il y avait une femme chez nous à la Mecque qui glorifiait Allah 12000 fois chaque jour. A sa mort, au moment d’arriver dans sa tombe, elle échappa aux mains des hommes. »
Lorsqu’il n’enseignait pas des hadiths et n’était pas occupé par son activité, Al-Hasan Al-Basrî disait souvent : Gloire à Allah l’immense. On mentionna cela à des savants de la Mecque et ils dirent : c’est un vrai savant. Personne ne le dit à sept reprises sans qu’on lui construise une maison au Paradis.
La plupart des propos que prononçait Ibn Sirîn étaient : Gloire à Allah l’immense, gloire et louange à Allah.
Al-Mughîra ibn Al-Hakam Al-San’ânî, lorsque les rivières étaient calmes, se rendaient au bord de mer et se tenait devant l’eau et se mettait à évoquer Allah avec les poissons.
Un homme a dormi chez Ibrahim ibn Adham et dit : Chaque fois que je me réveillais durant la nuit je le trouvais en train de mentionner Allah. Ce qui m’a angoissé. Mais un verset a émergé en mon âme : « Telles sont les faveurs d’Allah qu’Il accorde à qui Il veut. » (Coran 5/54).
Celui qui aime mentionne toujours dans son cœur le nom de celui qu’il aime. Si on lui demandait de l’oublier il n’y arriverait pas. Si on lui demandait d’arrêter de le mentionner avec sa langue il n’y arriverait pas.


