Il est recommandé au musulman quand il assiste à l’agonie de son frère de lui faire répéter l’attestation de foi « Lâ ilaha illa-llah (il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah) ».
Selon Abû Sa’îd al-Khudrî, le Prophète (
) a dit : « Faites répéter à vos morts : Lâ ilaha illa-llah » (rapporté par Mouslim et Abou Dawoud).
La répétition devant l’agonisant de la formule de la chahâda est appelée dans le jargon juridique islamique al-talqîn. Al-talqîn en langue arabe signifie le fait de dire une chose pour que la personne qui vous écoute la répète.
Les oulémas donnent deux explications au talqîn:
– C’est le fait de dire « Lâ ilaha illa-llah » en présence du mourant, dans le but qu’il le dise et que ce soit sa dernière parole.
– C’est le fait d’ordonner au mourant de dire « Lâ ilaha illa-llah » et ne pas se contenter de la répéter en sa présence. Cette explication est soutenue par bon nombre d’oulémas parmi eux le cheikh al-Albânî (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Selon Mu’adh ibn Djabal, le Prophète (
) a dit : « Celui dont la dernière parole est « Lâ ilaha illa-llah » entrera au Paradis. »
Les oulémas précisent que si la personne agonisante prononce la chahada, il faut faire en sorte qu’elle se taise. Puis si elle reparle et dit une parole autre que « Lâ ilaha illa-llah », alors il faut recommencer le talqîn et lorsqu’elle le redit, faire de nouveau en sorte qu’elle se taise, le but étant que « Lâ ilaha illa-llah » soit la dernière parole qu’elle prononce pour qu’elle entre au Paradis conformément au hadith susmentionné.
Lorsque la personne agonisante meurt et que son âme sort, il y a plusieurs choses que sa famille ou ceux qui sont présents au moment de sa mort doivent faire. Parmi ces choses nous pouvons citer :
1) Fermer ses yeux et invoquer Allah en sa faveur :
Selon Umm Salama (
), le Prophète (
) est entré chez Abû Salama alors que ses yeux étaient grand ouverts et étaient figés vers une seule et même direction. Le Prophète (
) lui a fermé les paupières puis a dit : « Lorsque l’âme est prise par les anges, le regard la suit. » Des personnes parmi sa famille ont commencé à crier et à élever leurs voix lorsqu’ils ont su qu’il était mort. Le Prophète () leur a dit : « Ne faites que de bonnes invocations car les anges disent « Amîn » à tout ce que vous dîtes. » Puis le Prophète (
) a ensuite fait l’invocation suivante en sa faveur : « Ô Allah ! Pardonne à Abû Salma et place-le à un rang élevé parmi ceux qui ont été guidés. Et accorde-lui un successeur parmi ceux qui restent, pardonnes-nous ainsi qu’à lui. Ô Maître des mondes! Fais de sa tombe un endroit spacieux et lumineux ! » (rapporté par Mouslim et Abou Dawoud).
« Et accorde-lui un successeur parmi ceux qui restent » : c’est-à-dire parmi ceux qui sont vivants.
Lorsque le Prophète (
) a demandé à Allah de choisir pour la famille d’Abû Salama un successeur parmi ceux qui restent, son invocation a sans aucun doute était exaucée car Allah lui a donné comme successeur le Prophète (
), la meilleure créature, qui a épousé après sa femme et éduqué ses enfants.
Les oulémas ont tiré plusieurs déductions de ce hadith :
– Le Prophète (
) avait l’habitude de rendre visite aux malades car il est venu chez Abû Salama pour lui rendre visite le sachant malade.
– Il est préférable de fermer les yeux du mort lorsqu’ils sont ouverts.
– L’âme est quelque chose qui peut être vue : elle n’est pas totalement invisible car le regard la suit lorsqu’elle sort.
– Il peut rester dans le corps un signe de vie même après que l’âme soit sortie : les yeux suivent l’âme. Si l’âme est à l’extérieure c’est qu’elle est sortie, mais le Prophète (
) nous dit que le regard suit l’âme, donc les yeux bougent encore.
– On ne doit dire que de bonnes invocations : on ne doit prononcer que des paroles bénéfiques que ce soit en notre faveur ou en faveur du défunt et de le faire en la faveur du défunt est préférable.
– Il ne faut pas faire de reproche à la famille du défunt lorsqu’elle crie de tristesse car certains cris sont autorisés et d’autres non. Dans le hadith Umm Salama (
) a bien dit que des gens de sa famille ont crié et malgré qu’ils aient crié, le Prophète (
) ne leur a pas fait le reproche en disant : « Ne criez pas, n’hurlez pas ». Donc lorsque tu assistes à la mort de quelqu’un et que sa famille crie de tristesse, ne leur fais pas de reproche et respecte cela car c’est un moment difficile pour eux.
2- Couvrir l’ensemble de son corps :
Couvrir le mort d’un vêtement qui recouvre l’ensemble de son corps. La preuve est le hadith de Aicha (
) qui dit : « Lorsque le Prophète (
) est décédé, il a été recouvert d’un vêtement qui avait des rayures. » (hadith rapporté par Boukhari).
Il s’agit d’un vêtement provenant du Yémen que le Prophète (
) aimait particulièrement.
On peut déduire de ce hadith que si les Compagnons du Prophète (
) l’ont recouvert avec un vêtement qu’il aimait, alors il est préférable de recouvrir le mort avec un vêtement qu’il affectionne particulièrement (mais ce n’est pas une condition).

